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L’ouverture des frontières, c’est pour bientôt !

Dans quelques mois, l’annonce va être faite de façon officielle : Les pays regroupés au sein de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (Cemac) ouvrent entre eux  leurs frontières. Dans un contexte économique mondial où seuls les regroupements tirent leurs épingles du jeu,   les Chefs d’Etat de cette communauté ont pris la décision d’ouvrir leurs frontières. La seule inquiétude qui subsiste, c’est du côté des petits Etats au point de vue démographique et dynamisme économique des ressortissants. Notamment au Gabon et en Guinée Equatoriale où l’impression généralisée, c’est la frayeur, des interrogations et surtout des incertitudes.

 

On peut retourner le problème dans tous les sens, il n’y aura que des incertitudes. Mais la chose la plus sûre, c’est que l’heure a sonné pour la Cemac d’ouvrir les frontières entre ses Etats membres. Mais à quel niveau se trouve cette frayeur et cette incertitude ? Nous gardons tous en mémoire  que le Gabon  et la Guinée Equatoriale –du fait de leur richesse en pétrole – se sont illustrés comme un eldorado pour les autres ressortissants de la sous-région Cemac et même au-delà. Au regard de ce statut non officiel, l’idée d’ouvrir les frontières entre Etats a toujours fait frémir les dirigeants et surtout les populations de ces deux pays. Les raisons les plus avancées, c’est la peur d’être envahi par les plus nombreux. A côté de cet argument récurrent, les spécialistes des deux pays soulignent  qu’il s’agit beaucoup plus de la peur  de se mettre en concurrence avec les autres venus d’ailleurs. Aujourd’hui ces facteurs bloquants persistent dans l’esprit des uns et des autres, mais il va falloir plutôt rechercher des solutions  et concentrer notre énergie sur la mise en place des stratégies visant à tirer le maximum de profit à cette ouverture des frontières.

 

Et si nous nous concentrons sur le cas de notre pays, le Gabon. J’ai approché nombre de compatriotes sur la question, et les interrogations qui trottinent dans leurs têtes sont nombreuses : Que va-t-on devenir ? Que devons nous faire ? Comment s’y prendre ? Avec quelle aide et quelle assistance ?. Ils ont chacun d’entre eux pris conscience que la libre circulation des biens et des personnes va entraîner de gros bouleversements qui pourront être beaucoup plus ressentis au Gabon perçu comme un eldorado.

 

Je pense personnellement que même si la situation s’annonce grave, il n y a pas matière à paniquer. Nous devons tous et chacun prendre de la hauteur face à ce nouveau défi. En gardant à l’esprit que notre pays ne connaitra de véritable développement économique que s’il appartient à un regroupement tel que la Cemac ou la Ceeac. Nous devons évoluer avec le monde et non en marge de l’évolution mondiale. Nous ne devons pas avoir peur de prendre des coups. Car, c’est dans l’obscurité la plus totale qu’on perçoit mieux les étoiles. C’est vrai que notre pays et nos populations ne se sont jamais préparés à s’ouvrir aux autres.

 

Désormais, il ne nous reste qu’une année au maximum pour assister à la mise en application de cette décision consensuelle de nos Chefs d’Etats. Il nous reste à évaluer nos forces et nos atouts non négligeables dans cet espace géographique de 45 millions d’âmes. Pour y parvenir, nous devons forcément changer notre état d’esprit ainsi que notre façon de voir et de faire.

 

Les chantiers les plus urgents sont :

 

1)      Revoir nos touts individuels et collectifs ;

 

2)      Déterminer l’apport et l’assistance que l’Etat devrait apporter aux opérateurs économiques en vue d’affronter ce nouvel environnement très concurrentiel ;

 

3)      Mettre en place de manière effective des regroupements économiques stratégiques homogènes, hétérogènes ou complémentaires ;

 

4)      Réaliser des études prospectives d’opportunités d’affaires et des stratégies de conquêtes et d’internationalisation des entreprises gabonaises ;

 

5)      Développer les pôles de compétences et de connaissances pour les gens d’affaires gabonais.

 

Voilà exposés quelques chantiers qui permettront à notre pays de tirer profit de cette intégration. Notre concurrent le plus ardu – qui est préparé à cette intégration depuis des décennies  - c’est le Cameroun. Mais il faut aussi souligner que cette ouverture des frontières pourra constituer une porte ouverte aux populations venus du Nigeria, de la République Démocratique du Congo. Les populations des ces deux pays sont encore plus virulentes et compétitives que les Camerounais.

 

Je pense donc qu’au-delà de la méfiance vis-à-vis des uns et des autres, il faudra que chaque Gabonais et chaque Chef d’entreprise garde à l’esprit que dans quelques mois, l’environnement économique sera plus compétitif que les années précédentes. Aucune entreprise gabonaise, quelle que soit sa taille, quel que soit son secteur d’activité, quelle que soit sa dimension ou sa puissance financière, ne réussira plus à tirer profit si elle n’appartient pas à un groupe. Seules les grandes organisations survivront de par leur représentativité basée sur une internationalisation accrue.

 

Pour accompagner ce vent de changement, les Cabinets conseils joueront un rôle primordial dans l’orientation et l’adaptation des entreprises gabonaises au nouveau contexte.  Pour le compte du Cabinet conseil dont je fais partie, j’avais déjà préconisé en 2010 dans un article paru dans le journal Croissance+ - un regroupement des entreprises gabonaises selon des critères bien précis. Au sein de notre Cabinet Conseil, nous restons convaincus que l’ouverture des frontières pourrait se transformer en une grosse opportunité pour le Gabon, pour les entreprises gabonaises et pour les populations gabonaises. A condition bien sûr que nous nous activons à mettre en place dès à présent des structures capables d’identifier et de tirer profit de cette avancée sous régionale.

 

N.B/ Pour ceux qui adhèrent à cette idée et voudraient contribuer et la mettre en place, bien vouloir contacter nous contacter au : 06 26 36 36